L’hiver s’avançait très loin dans la saison, l’hiver bous- culait la campagne avec rudesse, plus rien d’autre n’existait que l’hiver, plus rien d’autre que la neige
La pièce était déserte en son milieu Un poêle de faïence chuintait dans un angle comme une écharde plantée, bleue
Il suffisait au locataire de ces lieux de monter les deux ou trois marches que nul panneau n’interdisait – de se retirer du froid pour trouver dans cette zone une loge à ne pas vivre
Le nombre des hommes depuis longtemps s’amenui- sait, piétinant la cendre sans rien voir S’ils s’apprêtaient à disparaître, ce ne pouvait être que par ce goulet malgré la masse incommensurable de leurs biens, les yeux salis de suie, le dos courbé
L’un d’eux parfois tombait sur le côté, dans le coin le plus sombre Il commençait à creuser dans le sillon, à des- siner sans comprendre des formes imprécises, des penta- grammes, une sorte d’alphabet composé de cercles et de croix, laissant glisser lentement une fine poussière entre ses doigts
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| Winterthurer Kachelöfen Joseph Keiser, Zoug (Suisse) (1889) |
Grand Cahier.114.Cahier bleu-vert.007.Parages.16
