« Thomas s’assit et regarda la mer » M.B.
Allais-je revenir alors que j’étais loin
retourner sur mes pas vers ces lieux désertés,
détestés ? non, car si la vie même opposée,
s’avance toujours présente cruelle et douce
– la vie dévore / la vie pour vivre,
retourner sur mes pas vers ces lieux désertés,
détestés ? non, car si la vie même opposée,
s’avance toujours présente cruelle et douce
– la vie dévore / la vie pour vivre,
et c’est étrange mais c’est toi qui passe et elle / qui pas- se devant toi dépité, sans te voir, et peu lui importe puis- qu’elle / vivra toujours –
et toi, encombré de tristesse jusqu’au bout,
épuisé tu t’éloignes
pareil à un nageur
Ne reste plus dès lors que la surface et l'île
J’étais et m’attristais
épuisé tu t’éloignes
pareil à un nageur
Ne reste plus dès lors que la surface et l'île
J’étais et m’attristais
du peu de cas qui est fait de la paix, par l’homme / de par le monde (homme du monde) en cet endroit, affairé qu’il est d’agrandir
sans cesse l’espace
de son emprise insatiable
Arrivé sur cette lentille d’eau, en vain,
de son emprise insatiable
Arrivé sur cette lentille d’eau, en vain,
je ne trouvais plus les bons accords, et tous les sons ouatés par les brumes du temps m’empêchaient d’avancer,
d’apercevoir l’issue
réglant d’une voix de fausset, la syrinx
réglant d’une voix de fausset, la syrinx
cet unique instrument retrouvé par hasard au creuset d’un discours, une histoire, service des objets perdus,
méprisés, delaissés
mais instrument parfait pourtant
mais instrument parfait pourtant
Faudrait-il pas bientôt de ces lieux déguerpir ? Obscur, voguant dessus les eaux
quand tout se tait
| Pablo Picasso Le nageur (1929) |
Grand Cahier.055.Cahier bleu-vert.003.Perditions.17




















