Le voyageur a dit :
J’ai quitté sur le tard cette bouche d'ombre J'ai marché très longtemps La route conduisait jusqu’à ce trou dans la haie, vers les terres – jusqu’à ce terme Je débouche de l'ombre en lisière de forêt
Le voyageur a dit aussi :
Le ciel est un fleuve, une masse d'un seul bloc, un seul fleuve d'un bout à l'autre, une même eau, le ciel s’avance tout entier vers les confins du soir
Le voyageur près de l'auberge s'attarde,
on dirait qu’il écoute Il aperçoit sur la place une fontaine de mélèze Y boit une eau transparente Elle est froide, et n’a pas de reflets
Le voyageur demande, le voyageur désire
Un morceau de pain, le fil d’une musique, une taille à saisir, quelques danses qui l’entraînent, le baume d’un sou- rire
Le voyageur ne sait pas d’où il vient, sur quel seuil ni vers où il s’en va, il se tient obstinément sur le pas, près de l’hui du jour qui tend la voile, à l’hui où l’on est, du jour sans rien savoir
Demain peut-être va-t-il partir C’est sa façon
Reprendra-t-il la route ? au hasard, sans rien choisir, disparaissant dans l’ombre des grands arbres
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| Rose des vents de Normandie |
Grand Cahier.059.Révolvie.034.Le horzain.01



















