Je me souviens de cet endroit précisément, après les marches de l'été les jours, d'un enjambement à vous couper le souffle
en U ou en V,
de ces flèches éteintes ces toits jetés plusieurs fois
retournés, parfaitement lacés – une attache une rivière qui forme une boucle un nœud qui se referme alentour – ils ont pour eux sur cet éperon Zytglogge (ont-ils dit de l'hor- loge et) les habitations de la Nydegg, le palais et trois ponts aux trois angles qui surplombent
une eau de glace, une eau précipitée proprement lisse, une langue d'eau froide issue de la montagne
Le vert domine, c'est la couleur des pierres, le temps domine dans ses ors, doublement mesuré, assis au centre de la ville Les rails du tramway vont de fontaines en fontaines jusqu'à la fosse de l'ours
Je me souviens d’avoir vu le lion des Zähringen, un sol- dat bariolé qui se tient sur son style Le coureur, le tireur, le banneret
Je me souviens d’avoir pris relative l'oblique en m'en- fonçant sous les arcades Blanche avancée des toits, cisaille à même la rudesse des climats
« Le soleil est intense il transperce aujourd'hui »
Je me souviens avoir fait cette remarque et cherché en dehors des saisons une fraîcheur, les produits obtenus d'un carré de jardin
De ce lieu je dirais qu'il reflète les vertus de l'ordre et du repos, le temps méditatif
Calés contre la haute jambe du pont, certains hommes du pays jonglent sur l'échiquier, d'autres, nageurs lassés, en bas sous l'écume verte se laissent porter par le flot large
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Albert Anker Gerechtigkeitsgasse in Berne (1880-90) |
Grand Cahier.070.Révolvie.034.Le horzain.10