Cœur tors


ESTAS PÁGINAS, EM QUE REGISTO COM UMA CLAREZA QUE DURA PARA ELAS, AGORA MESMO AS RELI E ME INTERROGO.

Les pages perdues où je consigne / Ces quelques instants de mon passé / Je les lis parfois et m’interroge / Sur leur poids de sens et de possibles

À quoi ont-elles bien pu servir / A qui serviront-elles encore / Qui était celui qui écrivait

Suis-je moi-même lorsque j’écris / Disparu depuis long- temps plus loin / Absent. Où suis-je en cet instant, /
cœur
/ tors,
brûlé, épuisé de lumière / Comme le tournesol drama- tique / Homme là-haut distinguant mal les / Aîtres des vivants dans la vallée

COMO ALGUÉM QUE, DE MUITO ALTO, TENTE DISTINGUIR
AS VIDAS DO VALE ...


É NESTAS HORAS DE UM ABISMO NA ALMA
QUE O MAIS PEQUENO PORMENOR ME OPRIME / COMO UMA CARTA DE ADEUS.


Ainsi je me contemple moi-même / Paysage indistinct très confus / Brouillard dans l’âme – nu accablé

Comme une lettre d’adieu qu’on ferme / Sous l’étouf- fement des conclusions

Perpétuellement je me réveille / À l’envi de crier à tue-tête / Ressortissant d’un sommeil profond

Allant d’une sensation à l’autre / Comme le cortège des nuages / parsemant de soleils reverdis / l’herbe tâchée d’ombres des prairies
Salvador Dali
Les Efforts stériles
Cenicitas \ Petites cendres
(1927-1928)

Grand Cahier.624.Alentour de Soares.043.Quelques intranquillités.09

Le vieil homme


AGORA MESMO, QUE ESTOU INERTE NO ESCRITÓRIO,
E FORAM TODOS ALMOÇAR SALVO EU, FITO,
ATRAVÉS DA JANELA BAÇA,
O VELHO OSCILANTE


Les collègues du bureau
sont partis manger, la vie s'est arrêtée, inerte

en face du bureau là-bas sur le trottoir,
ne reste plus que ce vieil homme, je
l’observe par la vitre –
indifférent
attentif à l’inexistant – ne connaissant de la justice,
que l'injustice

Bientôt, son regard sans plus rêver / se détourne,
à jamais il s’écarte des hommes

Ce qu’il fut dans sa vie, quelle importance !
Parti et revenu, aucun bâti, aucun oukase qui fut dit, jamais n'a résisté au temps. Les rêves jusqu’au bout
sont épuisés

Je le vois lentement s’éloigner
et disparaître
dans un angle absolu,
son devoir de symbole accompli. Se pourrait-il dès lors qu’il n’ait jamais vécu ?

Mohammed Kamici
Sans titre
(1942-2003)

Grand Cahier.622.Alentour de Soares.043.Quelques intranquillités.08

À chaque fois


ABRO A JANELA PARA O VER. NÃO O VEJO AINDA. SAIU.
TEVE, PARA COMIGO, O DEVER VISUAL DE SÍMBOLO;
ACABOU E VIROU A ESQUINA.
SE ME DISSEREM QUE VIROU A ESQUINA ABSOLUTA,
E NUNCA ESTEVE AQUI,
ACEITAREI COM O MESMO GESTO COM QUE FECHO A JANELA AGORA.


Chaque fois
que j’ai voulu bâtir, usant du matériau de mes rêves, par habitude machinant ce beau symbole qui vise le grand autre

chaque fois
surgissait de cette immensité, un vide une béance ouverte plus avant, qui me bousculait comme une marion- nette, comme un pantin par le travers, pauvre bout de chif- fon ballotté par le vent

Je me trouvais à chaque fois
un peu plus désarmé, vacant au hasard dans les rues désertes, ne sachant plus quels étendards hisser des prochaines batailles

À chaque fois
je n’ai pu retenir pas même une fleur, une fleur sanglan- te des marais, baignée d’une eau de clair de lune

Marchant avec difficulté,
ignorant aveuglé, chaque fois m’enfonçant plus avant dans la boue et la tourmente des roseaux
Gustave Moreau
Ulysse et les sirènes
(1898)

Grand Cahier.621.Alentour de Soares.04.Quelques intranquillités.07

D'une conscience


L’homme saura-t-il
un jour
  décrire
la géographie de sa conscience,
historien

dépoussiérer, établir éclairer
d’un nouveau jour
des archives
de sensations
Créer, pour la cuisine ou le laboratoire (entre chimie et alchimie) – d’une bouilloire
de ses mots,
d’une cornue
de ses sens

Alliage réfléchi de bronze et de glaive – le plus parfait
des instruments
d’où sortira ce miroir de nos rêves
avec la précision, la consistance et l’éclat d’une matière d’un or réel
générant son propre espace
sa propre histoire
créant une dimension nouvelle,
aux autres s’ajoutant, un monde

ensembles
aussi bien que vivants, d'une réelle égalité

... EM NÓS UM ESPAÇO REAL COMO O ESPAÇO QUE HÁ ONDE AS COISAS DA MATÉRIA ESTÃO, E QUE, ALIÁS, É IRREAL COMO COISA.

NÃO SEI MESMO SE ESTE ESPAÇO INTERIOR NÃO SERÁ APENAS UMA NOVA DIMENSÃO DO OUTRO.

Johann Daniel Mylius
Opus Medico-chymicum
Microcosme et macrocosme
(copie, 1618)

Grand Cahier.638.Alentour de Soares.043.Quelques intranquillités.06

Enfance


UM MOMENTO ME SENTI ALTO, COMO
A CRIANÇA NUM BALOUÇO,
CADA VEZ DESSAS TIVE QUE DESCER

À ce moment de notre enfance
Qui monte au ciel des balançoires
Tout est possible,
rien n’est réel
Et si parfois la chute arrive
On se relève on recommence
Ce n’est qu’un jeu un trop de vie
Une douleur sans conséquence

Que signifiait en ce moment,
Le mot « dehors »
cette jetée d’exil
Il est alors sans expérience
On le bouscule ? Il recommence
À s’envoler dans la merveille
De tout le jour, dans la lumière
D’un grand soleil chargé d’idées

De tant de vies imaginées
Il rêve encore on voit briller
Tous les possibles dans ses yeux
Afro (Afro Basaldella)
Paysage
(1968)

Grand Cahier.620.Alentour de Soares.043.Quelques intranquillités.05

Choses du temps


O AMBIENTE É A ALMA DAS COISAS
CADA COISA TEM UMA EXPRESSÃO PRÓPRIA, E ESSA EXPRESSÃO VEM-LHE DE FORA. CADA COISA É A INTERSECÇÃO DE TRÊS LINHAS, E ESSAS TRÊS LINHAS FORMAM ESSA COISA: UMA QUANTIDADE DE MATÉRIA, O MODO COMO INTERPRETAMOS, E O AMBIENTE EM QUE ESTÁ...


Une chose affirme ses aîtres sous le halo d’une lune rousse. Si la pente des nuages est à la pluie, que nous dit‑elle des lendemains, avec l’expérience de son âge, proprement des environs ?

Assise à la fourche trifide du chemin, ayant même part – très spirituelle bien entendu autant que matérielle mais vivant dans le milieu qui lui convient et que, familier nous connaissons

Ou que nous croyons connaître car au bout du compte, au dehors elle nous échappe

Elle dont je tairai le nom – est le morceau d’une matière qui cause en moi une impression

Cette impression se compose des idées – qu’elle est d’une matière – que j’appelle sous cet aspect d’un nom – auquel est associé des buts et des usages

Cette chose n’est pas seule. Non. En elle se reflète, avec elle ou contre elle d’autres choses qui vivent, et la transforment, et lui confèrent une âme, allant ou venant de l’extérieur

Et nous, nous ne voyons que la lumière de tout cela – dans le jour, le petit jour où nous sommes, un parmi les autres constatant le signe et la couleur qu’elle a

Ses taches et ses éraflures – fruit du fouet des herbes du temps et qui forment toutes ensembles, le nombre le plus intime de son être

Auguste Herbin
Chêne-liège
(1913)

Grand Cahier.616.Alentour de Soares.043.Quelques intranquillités.04

Extérieur


O SILÊNCIO QUE SAI DO SOM DA CHUVA ESPALHA-SE,
NUM CRESCENDO DE MONOTONIA CINZENTA,
PELA RUA ESTREITA QUE FITO


Le sommeil qui naît des bruits de la pluie s’enfonce De tout le poids de sa monotonie grisâtre Dans le lit de la rue dans l’obscur

J’essaie de me tenir éveillé, debout contre la vitre

Mais cette chute effilochée d’une eau m’entraîne Vers ces fonds où n'existe plus rien où il n’est plus rien à éprouver Ni les pensées ni les joies communes Ni les fortes distinctions qu’apporte

l’en-dehors au cœur. Et que reste-t-il de l’être alors ?

face à la tristesse de la pluie extérieure Les lointains disparus aux vallées encaissées Le frais et le rose multiple des montagnes

SER QUALQUER COISA QUE NÃO SINTA O PESAR DE CHUVA EXTERNA,
NEM A MÁGOA DA VACUIDADE ÍNTIMA...
PERDER-SE ENTRE PAISAGENS COMO QUADROS
NÃO-SER A LONGE E CORES...

Rue pavé sous la pluie
Au bout de la rue
(4 mars 1930)

Grand Cahier.612.Alentour de Soares.043.Quelques intranquillités.03

Une bruine de soleil


OLHO, COMO NUMA EXTENSÃO AO SOL QUE ROMPE NUVENS, A MINHA VIDA PASSADA

Une bruine de soleil soudain
traversant les nuages
expose la ville indubitable la ville
où je vis au grand jour

À la surface remontent nombreuses bien des indéci- sions de mon passé

une chose est certaine pourtant  Celle
que l’on voit depuis le pont
qui enjambe
une eau toujours nouvelle

cette ville où je suis et qui m’est inconnue
– Sans mémoire,
étranger ne sachant pas comment
il a pu parvenir
jusqu’ici –

Car s’ignorer soi-même c’est vivre,
et s’affairer est le lieu du penser La seule pensée le seul souci pour la plupart Mais cette bruine d’un seul tenant
et lustrale
c’est notre motion

Notre monade la plus intime et la plus extrême, terre ouverte tout autant que fermée
Le cri remonté du fond de l’âme

SABER DE SI, DE REPENTE, COMO NESTE MOMENTO LUSTRAL, É TER SUBITAMENTE A NOÇÃO DA MÓNADA ÍNTIMA, DA PALAVRA MÁGICA DA ALMA
Pascal Brachet
Ciel de Paris I
(2018)

Grand Cahier.610.Alentour de Soares.043.Quelques intranquillités.02

Penso às vezes que nunca sairei...


Je me dis que jamais je ne pourrai partir d’ici, je me dis que je ne partirai pas avant d’avoir fini, je partirai toujours trop tôt, je me dis que je devrais l'écrire

Mais il me faudrait l’éternité...

NÃO O PRAZER, NÃO A GLÓRIA, NÃO O PODER: A LIBERDADE, UNICAMENTE A LIBERDADE

Je n’aime pas les plaisirs répétés jusqu’à l’ennui, les fai- blesses glorieuses qui se perdent dans l’oubli. Et je déteste trop la mort pour aller amonceler les cadavres du pouvoir

La liberté seule m’agrée, la liberté loin des platitudes et des banalités de l’humain

PASSAR DOS FANTASMAS DA FÉ

Le réconfort de la foi ne vaut pas le prix de ses fantô- mes. Et que dire des abstractions de la raison qui nous gâche un si beau voyage

UM DESDÉM CHEIO DE TÉDIO POR ELES,

Si loin de nous, si loin de nous que tout cela

QUE DESCONHECEM QUE A ÚNICA REALIDADE PARA CADA UM É A SUA PRÓPRIA ALMA, E O RESTO ...

Faisons table rase, décapons le vernis des bontés, la nécrose des sidérations sociales. L’art seul nous libère.

Une phrase bien construite…

Michel Maurice
Les exils - suite 7
(2009-2010)

Grand Cahier.609.Alentour de Soares.043.Quelques intranquillités.01

Lux


Peut-on vraiment se réjouir

de l’étroitesse et de la clarté des Lumières ?
Quelle impression joyeuse peut-on ressentir
devant ce vaste paysage policé ?

Vie sans ombre des dieux anciens
se reposant de leur mystère

– Ce moment de délire,
cet excès de mesure

sentido / não sentido –

Être clavecin sensible
qui se pense seul au monde
persuadé que passe en lui
l’harmonie de l’univers
Louis Michel van Loo
Portrait de Denis Diderot
(1767)

Grand Cahier.615.Alentour de Soares.001.Collages.13

Porque eu
sou do tamanho do
que vejo


J’ai la dimension de mon regard,
dit Caeiro

Ce que je vois
est l’étendue de la lumière
À la taille de ma rétine
et dans l’esprit

Son reflet dans mentis
dit l’être à sa manière
Du fond du puits des émotions
jusqu’aux étoiles

si froides,
éternelles,
et si hautaines –
le pouvoir du pli
est sans limites

est regard
qui relie les choses disparates,

ouvrant au mouvement
Artemisia Gentileschi
Autoportrait en allégorie de la Peinture
(1639)

Grand Cahier.614.Alentour de Soares.042.Collages.13

Nous


À peine sommes-nous que mouche ;

perclus de familier
tourné vers l’inconnu

nous, à l’intersection
de la raison rien d’autre

que la conscience d’un insecte
sur le tronc d’arbre de la vie,
un nom gravé en minuscule

no pó do necessário,
o meu nome


dans la poussière
du nécessaire,

les yeux rivés
– a minha escritura / com a morte. Com a morte?

sur les vitres colorées d’une cellule
au-dedans de ses grilles

Odilon Redon
Sur le fond de nos nuits
(1890)

Grand Cahier.613.Alentour de Soares.001.Collages.11

Refuge


Affluant de l’extérieur,
nous sommes tous envahis, par le bruit du monde bousculés, par le chahut des circonstances

du grand dehors

Il suffit pourtant, d’une belle journée
de soleil, et l'insistante venue d’une ombre pointant la campagne

pour, sensible nous rétrécir
vers le dedans

Nous ne trouvons plus alors qu’un pauvre refuge dans la maison sans portes qui se dit

nous-même
Collage de Helen Hill
Dedans dehors nulle part
(2006)

Grand Cahier.608.Alentour de Soares.042.Collages.11

Nuit


ce monde sans limites
appelé univers
sans bord a-t-il encore
des raisons d’exister
quand tout est endormi

vaste trop vaste
son programme truffé
de tant d’erreurs
replié sur lui-même
tournant pour rien

\des bruits – débris
là-haut \éclats de vitre tête folle
\simple poussière
d'un dieu mort – muette est la nuit
au fond est un tombeau

inutile bannière
de ton casernement,
effilochée
flottant dans l’air
pour rien ni pour personne
Lynd Ward - Wild Pilgrimage
Plate 21
(1932)

Grand Cahier.607.Alentour de Soares.042.Collages.10

Affins


L'été a chuté par la fenêtre
a décliné de désespoir

la fenêtre grande ouverte
tout est épuisé

tout est consommé
au fond du puits,

il n’est plus
aucune

eau

plus rien à pardonner,
plus rien à oublier,

que reste-t-il à partager ?

Ne veux-tu pas pleurer,
ne veux-tu pas chanter

le soir rougit par la fenêtre
Quelque chose ici pourrait-il

s’annoncer encore
un ailleurs existe-t-il ?

À notre mesure accordés
sœur, allons voir si nous trouvons

dans les veilles des nuits d’or
des soleils de liberté

Loïc Le Groumellec
Mégalithes
(2004)

Grand Cahier.056.Révolvie.032.L'univers de la chauffe.18

Volver


« T. s’assit et regarda la mer »

Allais-je revenir
alors que j’étais loin
retourner sur mes pas
vers ces lieux désertés,
dirais-je détestés ?

non, car si la vie même opposée, s’avance toujours pré- sente cruelle et douce

– la vie dévore / la vie pour vivre,

et c’est étrange mais c’est toi qui pars et elle / qui passe devant toi dépité, sans te voir, et peu lui importe puisqu’elle / vivra toujours –

J’étais et m’attristais du peu de cas fait à la paix de par le monde (de l’homme du monde) en cet endroit, affairé qu’il est d’agrandir
sans cesse l’espace
de son emprise insatiable

et toi, encombré de tristesse jusqu’au bout,
épuisé tu t’éloignes

pareil à un nageur
Ne reste plus dès lors que la surface
où tu arrives

Arrivé sur cette lentille d’eau, en vain,
je ne trouvais plus les bons accords, et tous les sons ouatés par les brumes du temps m’empêchaient d’avancer,
d’apercevoir l’issue
réglant d’une voix de fausset, la syrinx
cet unique instrument retrouvé par hasard au creuset d’un discours, une histoire, service des objets perdus,
méprisés, delaissés

mais instrument parfait pourtant

Faudrait-il pas bientôt de ces lieux déguerpir ? Voguant dessus les eaux gris-rose
quand tout se tait

Claude Monet
Le Bassin aux Nymphéas, reflets de nuages
- triptyque, panneau central
(1920-1926)

Grand Cahier.055.Cahier bleu-vert.003.Perditions.17

Ombre


Dans la clarté de la nuit
le vent

soulève lentement
des choses VAGUES

nombreuses
et sombres

qui ne sont pas le LINGE étendu
à l’étage

mais l’ombre impalpable
ACCORDÉE avec les
choses
Franz Marc
Linge dans le vent
(1902)

Grand Cahier.606.Alentour de Soares.042.Collages.09

Acrobate


Il y a des yeux, et une fenêtre ouverte

et puis, une corde vibrante
à mon oreille

Il n’y a pas d’autres chemins
vers ce que j’aime

il n’est pas d’autre échelle
pour monter ou descendre

Gardien de la mémoire,
si les étoiles sont lointaines

et nous oublient
il y a le temps qui s’approche

il est vivant

On a coupé le monde en deux
d’un côté les titans et de l’autre les dieux

et notre vie mortelle se tient
depuis toujours dans l’entre-deux des rêves

à la lisière
de la mémoire et de l’oubli

sur une ligne acrobatique et fragile

Fernand Léger
Les deux acrobates
(1942)

Grand Cahier.049.Intérieurs Extérieur Voix.046.Vivarias 23

Quatre heures...


Quatre heures
L’horloge sonne claire
Je gis dans l’entre-deux des rêves,
les pensées endormies
Tout est univers NU,
abstrait,
réglé en colonnes de chiffres,
construit de négations nocturnes

Fatigué,
je parviens anxieux
à la connaissance physique
du mystère des choses...

ourlé
d’une lueur qui vient de loin

Cesser, dévider, bousculer
cette conscience...

En finir, cesser d’être enfin,
n’être plus qu’une trace

UNE survivance métaphorique :

L’absurde oscillation des feuilles
d’une plante grimpante
accrochée à l’encadrement

d’une lucarne ouverte sur la nuit
Max Ernst
Peinture pour les jeunes
(1943)

Grand Cahier.602.Alentour de Soares.042.Collages.08

Incertitude


Grosses tardives des gouttes de pluie
tombaient par la fenêtre ouverte encore
et l’on sentait des fraîcheurs indécises,

l'azur s’en allait à l’assaut du ciel
azur quand les nuages se retirent
de ce côté-ci de château Saint-Georges

Était-il venu le moment de se réjouir ?
Une angoisse indéfinie persistait
comme une sensation de vivre et de mourir, mais qui s’éloigne un peu, mais qui s’absente au jour

À la fenêtre penché, regardant haut perché, la route sans rien voir, j’étais à l’abandon
– j'étais

pareil /à ces chiffons
servant /à nettoyer les saletés
étendus sur le rebord /à sécher,
/là oubliés et salis languissant
sur l’appui /à leur tour
Victor Hugo
Paysage avec pont, Guernesey
(1856)

Grand Cahier.601.Alentour de Soares.042.Collages.07

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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte