Pavois du temps


De la courtine aimée d'ombelles si, comme choix de pacotilles, et friand, ton rire épelle un plein midi de songes, au balcon c'est
La balle qui bondit, jusqu'au champ, jusqu'au bois La route sonne, fringante du soleil sous les sabots

Le goudron fume au bât de noisetiers

Libres armes d'azur, les mots s'envolent La barque sur le lac a chaviré, croulant ses ors des coffres du plaisir

Beaux yeux qui se tournent
A telles accordailles, sachez qu'on nous invite Va la croisée nous y offrir un fugace bouquet d'asters, une dou- ceur noisette, un cœur

Nous porterons l'habit
Le vrai de gala tissé d'un paon du jour

Paul Klee
Der bayrische Don Giovanni
(1919)

Grand Cahier.251.Cahier bleu-vert.013.Passages.14

Parmi le monde les couleurs


Primidi, ah ça ira, ça ira...
Reçois carte blanche, citoyen, va, brûle, fait feu de tout bois, marque d'une poudre
Les habits d'or de beau ciel

Le sang versé dût-il couler à même la rivière, eau qui longtemps calme s'avance et traîne lisible un fouillis de glaïeuls
N'en porte pas le deuil

La paix remise, les horloges réglées, il convient de bâtir Aviver les poutres au plus haut, le temps va s'y loger Puisse tenir un fin lamé de pierre ainsi qu'une réponse

Verte est la mer hantée de ton pays

Calendrier républicain
(1792-1806)

Grand Cahier.250.Cahier bleu-vert.017.Retrouvailles.05

Ici, la retombée


Elle est vivante ici la retombée
sur le seuil de cette porte, le soir venant

Il n'y a plus de refuge que le silence
il n'y a plus de lieu que dans l'oubli

Comme un tapis venu de Tabriz et signé
dans le kilim, noué au centre de la soie

Parties d’un médaillon à seize lobes
des formes rondes
contrastées de motifs géométriques
des arabesques florales
ornent
un fond bleu pâle

S’ensuit la rouge vigueur
mais sans le velours des bords

comme un bruissement de paroles
comme une pelletée de terre
une musique inattendue
note après note absolument fortuite

qui vient nous déchirer
détendant des jours la dernière corde
et qui nous jette dénué de sens
au dehors

Tapis de Tabriz, Kirman (Iran)
motif « Herati »
XVIIe siècle

Grand Cahier.249.Dispersion.024.Vulnéraire.09

Le musement de Perceval


L'oie blessée au cou avait saigné trois gouttes de sang qui répandues sur le blanc lui semblaient naturelle couleur

Perceval vit les foulées de neige que l'animal avait laissées et le sang qui encore apparaissait

Il s'appuya sur sa lance…
– Cette fraîche couleur me semble être
Celle du visage de m'amie !
Tant il y pense que tout

Il oublie

Était ainsi, à son avis, le vermeil sur le blanc posé comme les gouttes de sang furent qui dessus le blanc apparurent A regarder comme il faisait, il vit les couleurs nouvelles du beau visage de sa mie

Perceval sur la goutte muse et toute une matinée resta ainsi qu'hors des tentes sortirent écuyers qui, rêver le virent, et crurent qu'il sommeillait

Salvador Dali
Méditation sur la harpe
(1934)

Grand Cahier.248.Chrétien de Troyes.001




Le musement de Perceval

La gente fu ferue el col
si seinna .iii. gotes de sanc
qui espandirent sor le blanc,
si sanbla natural color.

Et Percevax vit defolee
la noif qui soz la gente jut,
et le sanc qui ancor parut.
Si s'apoia desor sa lance, ...
Que la fresche color li sanble
qui est an la face s'amie,
et panse tant que il s'oblie.
Ausins estoit, an son avis,
li vermauz sor le blanc asis
Come les gotes de sanc furent
qui desor le blanc aparurent.
An l'esgarder que il feisoit
qu'il veïst la color novele
de la face s'amie bele.
Percevax sor la gote muse
tote la matinee et use
tant que hors des tantes issirent
escuier qui muser le virent
et cuiderent qu'il somellast.
L'oie blessée au cou avait saigné
trois gouttes de sang qui
répandues sur le blanc,
Lui semblait naturelle couleur.

Et Perceval vit les foulées de neige
que l'animal avait laissées,
Et le sang qui encore apparaissait.
Il s'appuya dessus sa lance…
- Cette fraîche couleur me semble être
du visage celle de m'amie !
Tant y pense que tout il oublie.
Etait ainsi, à son avis,
Le vermeil sur le blanc posé
Comme les gouttes de sang furent
Qui dessus le blanc parurent.
En regardant comme il faisait
vit toutes les couleurs nouvelles
Du beau visage de sa mie.
Perceval sur la goutte rêve
Toute la matinée et reste
Tant ainsi qu'hors des tentes sortirent
Écuyers qui rêver le virent
Et crurent qu'il sommeillait.


Frairie du prince


Atome de midi jaune tulipe,

belle herbe
offerte à la fourche des grand-routes,

jeune ou vieux midi portant livrée,
autour de la table, assoyons-nous,

servie, surchargée
comme une abondance des Flamands.

C'est les pains blonds,
les fromages à la pie,

les volailles poissons secs jambons,
hanaps orfévrés et fruits en coupe.

Que jouissent les corps !
Que les voix s'y tiennent pour l'éternité !

dans les rires de vivre
et le bruissement des guêpes
Jan Davidszoon de Heem
Nature morte avec Jambon, Homard et Fruits
(~1653)

Grand Cahier.247.Refonds.001.D'une motion.04

Wang et petit Wang, deux frères chinois


Depuis lors, tourne la meule au fond de l'océan, tourne et continue de moudre le sel inépuisable Aucun poisson n'alla se plaindre, aucun n'y songea car tous ils vivent d'ignorances…

Wang était riche quand son frère n'avait rien Il avait accaparé tout l’héritage de leurs parents Croyez-vous qu'il en fut satisfait ? !

Envieux, possessif, avare, il n'en avait jamais assez Il apprit que Petit Wang, son frère auquel il avait – tout net – refusé son aide, alors qu’il était dans l’embarras, possédait chez lui une pierre meulière aux propriétés étranges, une meule produisant du sel qui l’avait tiré d'affaire

Aussi la voulut-il Et savez-vous : il réussit à l’avoir ! Petit Wang était la bonté même et respectait son frère Il la lui donna, Wang la rapporta chez lui, l’étudia, mais très vite s’en désintéressa, et la poussa du pied

– Dès lors, elle se mit à tourner, elle moulut sans relâche Le sel s'accumula, la maison craqua Wang ne savait comment faire pour l'arrêter, il allait étouffer, il ne trouva pas d'autres solutions que de la rouler dehors De la falaise dans la mer… depuis salée

Est-ce bien là le « fin mot » de l’histoire ? Eh bien non ! D’ailleurs en voici le début

Petit Wang était pauvre quand son frère avait tout Économe par nécessité, attentionné, à l'affût de l'aubaine Comme il rentrait bredouille de la pêche, il ramassa une meule usée « Ça peut toujours servir… » qu'un meunier soucieux d'une bonne et blanche farine avait jetée

Il la mit chez lui dans un coin de la cuisine et l'oublia

Un soir, il la heurta du pied par mégarde La meule se mit alors à tourner, elle moulut sans relâche, le sel s'accumula Le tas de sel grandit, grandit, grandit, grandit…

« Me voilà riche mais point trop n'en faut, comment faire pour l'arrêter ? » Il réfléchit, se mit à penser, calcula Il eut une idée, soudain : il la retourna !

À partir de ce jour, vendant son sel produit à besoin, il ne manqua de rien, jusqu’à ce que…

Lu Yanshao (1909-1993)
Marée d'août à Qiantang
(1983)

Grand Cahier.246.Cahier bleu-vert.007.Parages.11

La porte...


La porte, elle a pour elle
une lumière à chanter,
porte et carrelage
(comme on lance le fil,
l'avenir est en jeu),
d'un côté puis le ciel,
palais de la poussière
et des toupies de vent

Il y va la tête fourrée
d'un mille des pailles,
l'enfant, siffle et se jette
à la route la droite sans bords,
lui, perdus les pantins,
ces tas qu'on dépenaille
en l'année révolue

Maréchal, il est temps et plus
de sortir les tricoises

Reg Cartwright
Album Bundles (Soft Machine)
(1975)

Grand Cahier.245.Cahier bleu-vert.017.Retrouvailles.14

Juillet


C'est dit, le ciel est lourd il ment, nous ne renverserons pas la tête en arrière
sous les feux mouillés
s'ils claquent dans la nuit peut-être
en corolles éployées,

cette fois encore,
nous ne prononcerons pas comme la foule gaiement
les ho et les ha qu'ils jettent en bouquets
à leur grenaille tricolore

Nous irons nous terrer dans l’ombre Visage enfoui dans l’oreiller, nous partirons vers le sommeil Éteignez donc cette lumière :

« A demain, fusantes Bengales »

Voilà des draps par la lucarne. Le temps
est à la girandole, aujourd’hui Le jour respire Il reste une ou deux roues qui s'accrochent
à l'humeur du bocage
Ravivée par la fraîcheur du matin, la chaleur des nuits des chambres s'envole

Paul Klee
Orientalischer Lustgarten
(1925)

Grand Cahier.244.Cahier bleu-vert.002.Passages.13

Partage


Plus le temps poussera son wagon suivant la douce oblique du rail irrémédiable à ce point d'inertie

– « Chauffeur, largue l'attelage » et la vie s'en va, grin- cent les eaux blanches –

Et plus je paraîtrai ton semblable

Échelle, et mesure aussi bien, ta façon de choisir, les choses que tu aimes et celles-là qui te révoltent,

je ne veux rien en dire
À chacun son effort Le butoir est au bout

Et pour le moins y aura-t-il eu – avant que tout s'effon- dre, la lutte et le maintien, avec l'arrière-plan des souvenirs assumés

William Turner
Pluie, vapeur et vitesse
(1844)

Grand Cahier.243.Dispersion.019.Baumes et regrets.03

Oiseau-machine


– Insère la clef dans la serrure et tourne à fond, de gauche à droite afin que le ressort se tende, il chantera, a dit l'empereur du Japon à l'empereur de Chine

– C’est un objet automatique presque parfait Sa voix est régulière, son avance est très précise et sa cadence Mais il lui manque, dit-il, un je-ne-sais-quoi ! Et si je voulais te l'expliquer humblement (le démonter, analyser le mécanis- me et son réglage, comment sont joués les airs et comment ils s'enchaînent) vingt-cinq volumes n’y suffiraient pas, épais et remplis des kanjis les plus complexes

– Une chose encore – appréciable – compare avec l'original ! Quand il joue il brille d'or, comme bracelets, comme épinglettes

Un soir, le 366ème soir de l'année du rossignol alors qu'il répétait la même chanson pour la 1441ème fois de la journée, on entendit un "cric" venant de l'intérieur, quelque chose sauta : "clac" Les rouages s'emballèrent (tchoc, tchoc, tchoc) et la musique s'arrêta

Illustration d'un conte musical de Lionel Bord
d’après Le rossignol et l’empereur de Chine (1843)
de Hans Christian Andersen

Grand Cahier.242.Cahier bleu-vert.018.Parages.05

Les intentions affines


Ce que tu dis c'est simple

c'est qu'il y eut un jour,
hysope en ce réduit
quatorze rue de Lim.,

une tournure,
un mouvement de tête, surpris
nouvelle, une vue

et de là,
jamais plus lâchée,

va débouler jusqu'au cèdre

Ne rien épuiser ni retenir, c'est possible Nos amis vont parler, nous donnent des conseils On les écoute car l'oreille est magnanime, mais les chemins s'ordonnent, mais l'ar- mature où trouve-t-elle son hermine ?

Le chant s'élève, les plumes volent Mordu, ciselé com- me à l'angle d'un soleil Ne cherche pas, voici du pauvre et du fragile, nous sommes forts Teinte au fond des poches la monnaie de l'empire

Vassily Kandinsky
Impression V (Parc)
(1911)

Grand Cahier.241.Cahier bleu-vert.013.Passages.12

Le prince et philomèle


Il se promène, il veut s’instruire Il écoute les conseils, occupé des usages, de l'origine et de l'espace De la ligne à l'horizon qui va s'ouvrir, et des jours, et des jours qui s'allongent…

Arpentant le bocage, il s'ennuie

Tout d'un coup, une ombre chante Farouche et solitaire, cachée dans les fourrés

Voudrait-il la mettre en cage, une cage dorée – pour ce que sont les sots petits oiseaux qui savent y faire et n’ont plus d’ombre ?

« Je te dis que je veux, séduite faire un pas »

De son bec elle aiguise les signes et s'enfuit aussitôt,
file aux astres

J.-P. Claris de Florian, illustré
par des artistes japonais
(1895)

Florian, Le rossignol et le Prince
Grand Cahier.240.Les jardins sont un langage.025.Envol au jardin.01

Les simples abords


Cette direction l'autre comme on s'y conduit

vers le champ
près de l’eau,

deux ponts : soit de fer ou bitumé
se recroisent,

une baraque les surplombe,
et ceci sous le ciel rondi bleu d'un feuillage

C'est à prendre au plus court
mais la terre est étroite sur laquelle il faut marcher

Le pommier de pommes jaunes s'anime, une chair s'ef- fraie et s'enfuit On ne sait plus bien On serait presque ébloui

quand passent sur de minces barques les rameurs

Paul Klee
Betroffener Ort
(1922)

Grand Cahier.239.Cahier bleu-vert.013.Passages.11

Un danser de pierres dans l'air du soir


La route s'encaisse entre deux gros murs sans apprêt, de bossage franc, surhaussés d'un empilement de briques
Pas une vue qui dévie, un goulet

On va la suivre puisque dit-on, la musique est au bout

Le portail est ouvert, il ne reste rien d’
Autre qu'une enseigne et ses pommes de flammes

Que le corps d'un bâtiment qui s'absente parmi les châ- taigniers du jardin
Que la paille du silence dans les airs

Qu’importe, on va danser tout notre saoul, chasser au loin les amours qui tournent en rond

Paul Cézanne
La carrière de Bibémus
(1895)

Grand Cahier.238.Dispersion.024.Vulnéraire.12

Le pavillon


De ce pavillon du bocage à la haute verdure, après avoir gravi la route sinueuse raidie, le goudron chuintant par un soir parfumé de sauge et gaufré de noisettes

(il se tient, neuf, à l'écart du village, boutisses râpées, joints jointoyés, peinturettes clinquantes, bois vernis)

De ce bout de pelouse, volubiles nous allions, ainsi que cet ami, en veste de chasse et sabots noirs, l'œil clair, par le travers d'un essart qui dégringolait jusqu'au sable fin de la rivière

Alors qu'il se penchait, sa voix, son discours habituel insouciant déhanché de rires, laissa place nette au songe, relatant véridique les faits, précis qu'on aurait pu croire une forme prendre essor que le buisson d'à côté frémit

Jean-Baptiste Camille Corot
L'étang de Ville-d'Avray
(~ 1867)
 

Grand Cahier.237.Cahier bleu-vert.017.Retrouvailles.06

Peugue


Côté noir du jour,
suivant des routes qui ne sont
ni de campagne ni de ville, à moins
de trois kilomètres d'un bras de mer,
on roule

Le décor est en place
Disons qu'il y a dans l'air
un sable micacé

Ha,
j'entends les voix qui parcouraient les lignes,
chuchotées les mots, voici tant d'années

Je voudrais planter mes yeux en terre,
l’eau de mes yeux déborde
il pleut,

Des gouttes glissent sur le fil, la mer s'éloigne
De petits soleils bleutés tombent sur l'asphalte

Charles-François Daubigny
Eaux débordées d'une rivière, se dit peugue en gascon - bras de mer en français
(1817-1878)

Grand Cahier.236.Cahier bleu-vert.006.Retrouvailles.11

Haut parage


Certaines marches nous conduisent
lorsque la é besogneuse du jour
sort d'une fournée

ses pains oblongs goûtés de miel,

certains longs ennuis,
jusqu'à des champs voulus par le pays
jonchés de herses et de pièges

Renard,
l'hiver dorait ses laines sur ton dos
Il ne sert à rien

la patte brisée de mordre au buisson de mûres,

mais qui sait
ce que peut réparer le temps - de glapir
ta haine

alors que, pour toi,
vont se fermer à l'avenir
les sentiers de soie


Olivia Rolde
Un jour immense
(2015-2016)

Grand Cahier.235.Refonds.001.D'une motion.05

Ces nippes...


Ces nippes qui nous allaient si bien, à l'envi de vos bou- tiques percluses aux modes anciennes desséchées

ont pris, elles aussi, l'odeur et le cati des jours frottés à trop de douleurs

Aussi qu'on les jette !
Après tout, il y aura toujours un vent dehors pour forcer la porte, et c'est cela qui nous soucie

Qu'importe la peau !
Les yeux, nos yeux nous piquent
C'est la poussière sans remède ou presque

On bordera pour voir la route avec le blanc des peupliers

Zina Katz
Familia
(2016)

Grand Cahier.234.Cahier-bleu-vert.016.Scories.02

S'il vient, qu'il vienne !


La nacelle se
heurte, quand la jette le vent
contre la berge,
lourde chargée en vrac

de l'ombre-chevalier,
des civelles insaisissables, lottes,
meuniers, grémilles
– la verte des graviers

Il enjambe le bord, arrime
et se tient droit
Longue en fut la préfixion
mais la joie plus grande

Aujourd'hui, à qui donc le dois-je ? que je l'entends

Voici des accents neufs, une allée large avec de meil- leurs pavements

Tant mieux car le soir tombe alors je me dépêche, tant mieux si je suis seul

L'horloge sonnera, fréquente sur la page, rentrons la cargaison

Paul Klee
Sindbad, der Seefahrer
(1923)

Grand Cahier.233.Cahier bleu-vert.013.Passages.10

Hors clôture


Il n’avait pas encore compris à quoi cela pouvait rimer qu’il refusait déjà

Son instinct lui disait :

« si précieuse, si désirée soit-elle, il existe autre chose, là-bas toujours possible »

Aussi opposa-t-il un non catégorique à chaque offre pla- cée, gardant le silence à chacune des enchères

Il lui avait fallu un temps considérable pour arriver jus- qu’à ce lieu, aux libertés de cet espace – d’une géométrie éblouissante où la route s'égare

Il avait tant hésité, tant tergiversé avant de s’engager avant de décider d’arrêter son manège

Qu’il n’osait plus s’approcher de ces colonnes… Il suffi- sait pourtant d’un seul coup d’aile

Une herbe jeune embaumait sous les pas Un arbre comme ornement d'oubli octroyait son dépôt d'ombres

André Derain
L'estaque route tournante
(1905)

Grand Cahier.232.Dispersion.024.Vulnéraire.14

Articles les plus consultés


à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte