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Les Ségurant


Combien sont-ils donc les Ségurant
Qui pourchassent ainsi / le dragon

Arrêtés au milieu d’une phrase
Et venus de l’île Non Sachant

À ce point affamés
Par leur quête incessante

Que même un séjour en l’île blanche
Ne pourrait assouvir

Ni combler

Est-ce une illusion de Morgane,
Est-ce un mirage

Si jamais personne n’assembla
leur Histoire ?

Miniature
Les enchantements de Morgane au Val sans Retour,
extrait du Lancelot en prose,
Bibliothèque Mazarine (~1494)

Grand Cahier.786.Chrétien de Troyes.Lancelot du Lac.03

Décrochement


Que vous piquiez des deux ou non. La gente ferrée flanche, marque de ces foulées la neige et reprend d'un coup d'aile

Fleurs, il ne reste infime qu'un silence écarlate qui fait signe, un sortilège qui déchire l'infini, trois gouttes de sang perdues

Ce graphe ce piège de songes, si Natural Color lui semble non pas dite mais grimée de parfaite blancheur, est vermeil

Ci, d'ailleurs, il s'appuie longuement et s'endort

Framboisier de l'hiver oublieux, que sais-tu des neiges des prés gelés et du noir des lisières

S'avancer ainsi se rendre chez le roi, ce n'est pas s'a- venturer c'est marcher sans surprise c'est marquer de ses pas la neige, s'en aller péniblement

Toujours l'attaque viendra en dehors du propos

L'esprit empiète l'âme, l'âme s'enrêve mais les neiges improbables d'avril, au bout du temps le soleil les efface

Jean Sérusier
Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour
(1888)

Grand Cahier.397.Chrétien de Troyes.002

Le musement de Perceval


L'oie blessée au cou avait saigné trois gouttes de sang qui répandues sur le blanc lui semblaient naturelle couleur.

Perceval vit les foulées de neige que l'animal avait laissées et le sang qui encore apparaissait.

Il s'appuya dessus sa lance…
– Celle fraîche couleur me semble être du visage de m'amie !
Tant il y pense que tout il oublie.

Était ainsi, à son avis, le vermeil sur le blanc posé comme les gouttes de sang qui sur le blanc apparaissaient. À regarder comme il faisait, il vit les couleurs nouvelles du beau visage de sa mie.

Perceval sur la goutte muse et toute une matinée resta ainsi
Qu'hors des tentes sortirent écuyers qui, rêver le virent, et crurent qu'il sommeillait.

« Fresque du printemps » de la Chambre Delta 2
à Akrotiri, Théra-Santorin 1600 av. J.C.

Grand Cahier.248.Chrétien de Troyes.001




Le musement de Perceval

La gente fu ferue el col
si seinna .iii. gotes de sanc
qui espandirent sor le blanc,
si sanbla natural color.

Et Percevax vit defolee
la noif qui soz la gente jut,
et le sanc qui ancor parut.
Si s'apoia desor sa lance, ...
Que la fresche color li sanble
qui est an la face s'amie,
et panse tant que il s'oblie.
Ausins estoit, an son avis,
li vermauz sor le blanc asis
Come les gotes de sanc furent
qui desor le blanc aparurent.
An l'esgarder que il feisoit
qu'il veïst la color novele
de la face s'amie bele.
Percevax sor la gote muse
tote la matinee et use
tant que hors des tantes issirent
escuier qui muser le virent
et cuiderent qu'il somellast.
L'oie blessée au cou avait saigné
trois gouttes de sang qui
répandues sur le blanc,
Lui semblait naturelle couleur.

Et Perceval vit les foulées de neige
que l'animal avait laissées,
Et le sang qui encore apparaissait.
Il s'appuya dessus sa lance…
- Cette fraîche couleur me semble être
du visage celle de m'amie !
Tant y pense que tout il oublie.
Était ainsi, à son avis,
Le vermeil sur le blanc posé
Comme les gouttes de sang furent
Qui dessus le blanc parurent.
En regardant comme il faisait
vit toutes les couleurs nouvelles
Du beau visage de sa mie.
Perceval sur la goutte rêve
Toute la matinée et reste
Tant ainsi qu'hors des tentes sortirent
Écuyers qui rêver le virent
Et crurent qu'il sommeillait.


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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte