Lieux de pauvreté


Les fruits envolés
et puis tombés
iront renaître en d'autres terres

La cour sablée s'entoure
de bâtiments,
d'un poids de fenêtres mortes

L'hiver s'installe
— Vois !

les branches raidies, les écorces mouillées,
glissantes,
et tout cela qui se tient et tremble

La vie n'est pas trouvée

Les lèvres sèches,
les doigts bleuis par trop de froid,
ne veille plus qu'une carcasse !

Qui voudrait rester au milieu de cette cour,
le frêne qui se dit peuplé ?

La coupure est nette à ses racines

Il suffit pourtant d'un corps, une om-
bre simple qui s'approche,

et ce feuillage d'oiseaux devient
jour surpris, air froissé

Pablo Picasso
Paysage de neige
(~ 1924)

Grand Cahier.178.Cahier bleu-vert.015.Carnet de tristesse.06

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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte