Le pli


C’est un pli entre la pensée et le langage

C’est un homme asséché allongé sur le sol
et un autre debout qui est là, regardant

Ce sont deux lèvres de sang près de la syrinx
déchirant le silence :

Gorge ouverte dans l’air,
douze roses qui chantent

Celui qui se souvient est trompé par la forme,
par l’os blanc de l’oubli

Il se coupe le cou au soleil de l’écrit
– au besoin impérieux que se taise la voix

Sa phrase silencieuse,
sublime et symétrique en a presque les traits
Pablo Picasso
La mort de l'Arlequin
(1905)

Grand Cahier.655.Intérieurs Extérieur Voix.001.D'un autre lisard.16

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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte