Combles


Les gouttes glissent — au long des lignes désertées — l’une après l’autre les notes se font la courte échelle — à portée de l’oreille les mots — à tue-tête s’alignent — et s’interpellent — peu à peu le fil a trouvé sa mesure et se courbe — arrive au toucher de la terre

comme un long vivier qui s’égrène

Les années s’accumulent Le poème nous sauve Gout- tent les mots noircis Sur le blanc de la page En arpège résonnent les notes des chansons Les gouttes tombent sur la plage Quand s'éloigne la mer Éclatent en soleil En cou- ronne de lait

S’ouvre l’iris d'un œil bleuté au sable vert

Thierry Le Baill
Summa - Encre
(2009)

Grand Cahier.024.Révolvie.030.Les effets de l'aube.16

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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte