Courbes du temps


pour Agnès, H. F. &

j’ai ralenti de vivre, de toi
je me suis éloigné

car je n'ai pas su te dire
ou te prêter attention

aussi j'ai voulu savoir
loin de toi, et de vous tous

quel serait là-bas mon futur
je suis parti,

il fallait que je parte que le temps se cour- be et qu’au tournant je vois le monde sans retour

et si j’ai eu ma chance
et connu mon bonheur,

mes amis sans rancune –
à toi non plus, toi, à qui

j’aurais tant voulu donner
– je n’ai rien pu dire, et j’ai mal

de t’avoir ainsi perdue
sur cette route improbable

Ulysse est égaré
jamais ne reviendra
attendu de personne
disparue dans les brumes
Ithaque se dissipe
Vassily Kandinsky
Courbe dominante
(1936)

Grand Cahier.768.Intérieurs, Extérieur Voix.046.Demeures.21

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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte