Le vieil homme


on dit que le temps suit sa ligne
imperturbable

mais c'est faux

on dit que le monde, ou la vie
l'air – l'eau – la terre et le feu des choses
suivent leur pente la seule
possible car elles
sont dans l'ignorance

mais c'est faux

le temps se dissipe et s'évapore
ne laissant que souvenirs dans la tête d'un vieil homme qui, troublé, résiste

lui-même retraçant
le chemin et ses aîtres, le chemin tant de fois
parcouru, poursuivi d'une étoile

et qui, peu à peu voit – tout
qui s'enfonce tout
qui s'efface
Jean-Honoré Fragonard
Un Philosophe lisant
(1768-1770)

Grand Cahier.752.Intérieurs, Extérieur Voix.046.Vivarias.05

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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte