Atocha


On dit / qu'elles
végètent les plantes / On dit
les rails nous emportent

Mais sous la verrière
les plantes s’insinuent, aspirant une eau, creusant la terre avec lenteur, elles

gobent une essence divine

intensifiant ainsi la masse de leur corps, mousse luxu- riante qui ronge parfois ses propres os,
se nourrissant des madriers d’une ancienne voie,

sous la verrière, abandonnée

On dit / que les
rails suivent leur pente
et ne dévie pas de leur action

Elles seules / dit-on
seraient un déplacement à l’avancée
des parallèles,

seul principe véritable du mouvement Où mènent-elles, sans se rejoindre à l’infini
Sam Szafran
Feuillages
(1986-1989)

Grand Cahier.781.Intérieurs Extérieur Voix.046.Vivarias.01

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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte