Sur les traces d'une personne
improbable


Le temps qui se dérobe aux reflets du miroir Exige le revers d’une sur-existence

Impossible d’amarrer la conscience au monde Océan de pensées submergeant le réel

La rive d’en face Ne sera jamais La rive d’ici Enfermé dans un présent immobile

Sur les branches les balançoires Sont enroulées Im- possibles commencements d’une fuitée vers les hauteurs Comme volutes de fumée

Si je ne dis rien de ces impressions décousues Venues je ne sais d’où, c’est qu’il n’y a rien à dire Les dieux se sont retirés depuis longtemps

Il n’existe plus aucun dieu susceptible de rassembler le sens de nos nerfs cérébraux Nous ne lutterons pas contre l’inexorable

Mais nous nous pencherons plein de scrupules Et mi- nutieux d’éruditions Sur le livre des sensations de notre vie

Ni seul et dans la chambre
silencieux ni bavardant
au milieu de la foule
Mais sur le seuil à l’écoute
et chantant à mi-voix

(collage)
Vassily Kandinsky
Impression III
(1911)

Grand Cahier.595.Alentour de Soares.001

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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte