Au dehors


Lisse est le caillou de l’eau pour celui qui s’aventure, ignorant les chemins sur le socle d’une eau
première,
noire et stérile,
douce au-dessous et sans
mémoire

Plus étroite qu’une lame
entre la vie et la mort
est la barque s’en allant
à l’estime, ignorant les étoiles
sur la route incertaine,
ne sachant éviter ni les pluies ni les feux, et les Hyades, et la Chèvre d’Olène

Il sait comment faire
pour dicter ses lois, si le temps veut qu’on raidisse les cordages ou qu’on relâche les écoutes,
à quel moment ramener les antennes à mi-mât

Il sait qu’il ne faut jamais laisser s’affoler le petit perro- quet de couleur écarlate qui s’agite là-haut

Mais il ne ramènera rien de sa course au désert, si ce n’est le récit de frayeurs et d’épreuves.

Tous les lieux sont habités dorénavant.
On a dressé des murailles
depuis les eaux fraîches de l’Araxe jusqu’aux rivières de givre de Thulé

d'après Sénèque – Medea, Acte II, Scène 3

Olaus Magnus
Carte maritime de la Scandinavie (Détail)
(1527-1539)

Grand Cahier.153.Révolvie.034.Le horzain.15

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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte