Le désert


Disperse tes pensées au vent de sable quand l'heure viendra

Cette drôle de chose qui s'approche d'un pas majes- tueux, c'est le simoun à la démarche roulante

Les yeux te brûlent : brûle ton cœur
Au dehors est le grand vide

Sois patient, d'une patience puissante comme l'océan qui bat la falaise jusqu'à la faire s’effondrer
Que ta volonté soit souple comme une mèche de vent qui se courbe sur la dune

Lent et délicat est le temps refleuri de la rose des sables

Harassé par le blanc imprescriptible,
le rouge au loin
saignant et l'or pâle des journées,
tous ces feuillets qui s'envolent,
ces pages coloriées qu'on expédie sans rien savoir
(sois tranquille)

n'auront pas le destin éphémère de la rosée qui se dé- pose à l'aube et s'évanouit aux lueurs du soleil

Le désert est en tôle ondulée, le désert est rusé comme un fauve qui bondit avant même,
d’avoir eu faim

Benedetta Segala
Vent de sable
(2007)

Grand Cahier.141.Révolvie.034.Le horzain.13

Articles les plus consultés


à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte