[A ESCRITA E A COSTURA]


[a escrita nunca deixou
de ser costura: posto
que linha; posto
que agulha; posto
que laços 
e posto que nós; 
posto que franjas 
e posto que fímbrias.
alinhavos de bainhas 
e bordaduras, 
tecitura e tessitura, 
e as lâminas ávidas 
da tesoura, posto
que corte, posto
que cesura, posto
que síncope 
de uma música 
sempre estranha.]




Paulinho Assunção (son blog)
Belo Horizonte - Minas Gerais - República Federativa do Brasil

***
[L’ÉCRITURE ET LA COUTURE]


[l'écriture jamais n'a cessé
d'être couturière : puis- 
que le fil ; puis- 
que l'aiguille ; puis- 
que dés et liens 
et puisque nous ; 
puisque les franges 
puisque l'ourlet. 
l'ébauche de l'enveloppe 
et des bordures, 
texture et tessiture, 
et les lames enthousiastes 
des ciseaux, puis- 
que la coupe, puis- 
que la césure, puis- 
que la syncope 
d'une musique 
toujours étrange.]

***
[LA SCRITTURA E LA SARTORIA]


[la scrittura non ha mai smesso
d’essere sartoria: dato
che è linea; dato
che è ago; dato
che è lacci
e dato che è nodi;
dato che è frangia
e dato che è bordura.
imbastitura d’orli
e guarnizioni,
orditura e intreccio,
e poi le lame avide
delle forbici, dato
che è taglio, dato
che è cesura, dato
che è sincope
di una musica 
sempre insolita.]

Traduzione italiana di
Manuela Colombo (il suo blog)

Intensités

Die Sonnenblumen

Ihr goldenen Sonnenblumen,
Innig zum Sterben geneigt,
Ihr demutsvollen Schwestern
In solcher Stille
Endet Helians Jahr
Gebirgiger Kühle.

...

Les tournesols

Ô tournesols dorés,
Avec ferveur, prêts de la mort,
Ô très humbles sœurs
Dans un tel silence
Prend fin l'année d'Hélian
D'un froid de cimes.

...






1.
Je me souviens que nous allions, l’un à côté de l’autre nous cacher vers les hauts, dans la touffeur des combles. Brûlante venait la soif, comme les griffes du Tigre sur une peau tendue, comme une poussière d’Égypte dans les rayons du sel. L'ascenseur tirait à l'infini les corps patients ; je me souviens que nous mourrions, que la faim nous prenait aux claires-voies du désir. Chairs tuméfiées sur les parpaings du temps.


Matta – S'unir par les plaisirs (1982)






2.
On plie le corps contre un bois de charpente. On blesse le cœur qui cogne trop vite. La peau va s'érafler. Une écharde, un peu de sang va pénétrer dans la poussière. La bouche se ferme et s’ouvre, on halète. C'est à se mordre la langue.
La guerre va s'aggraver malgré les larmes

Et les faims, et les soifs, elles vont grossir, elles vont enfler encore. Les ballons couleur de soleil vont éclater, ils vont crever. Qu'il rie, qu'il acclame, qu'il mette à sac tous les édits !
La barre du jardin a versé où l'ortie foisonne.

Matta – The Unthinkable (1957)






3.
Aspiré par le dehors,

je descends la roche des Rames que la bruyère recouvre, traverse la rivière et, saisi par l'inutile énervement du jeu, les bras battants, me précipite sous les hêtres d'un versant troué. Combien de secondes va-t-il falloir attendre avant le ploc dans le gouffre sans fond ? Je tire au pistolet de poing, incohérentes et mortelles trois balles qui sifflent dans l'air. L'une d'entre elles abat dans un éclat de lumière un triste pluvier. Bourre de plumes que l'eau de la cascade emporte.

Matta – fragment de Watchman, What of the Night ? (1968)






Trop de gens...


Trop de gens se sont enfuis – Dehors il pleut, leur mauvais sang les a trahis, les gens ont relevé leur col et sont partis

Le vent a soufflé sur les bords il t’a surpris. Tu ressens un léger filet d’air sur ta peau, tu frissonnes – un court laps de temps.

Referme la fenêtre, repousse la potence, résigne-toi. Ce n’est qu’un peu de jour accroché aux rideaux de la fenêtre, il y a

Quelque chose qui refuse chez toi, un rejet de l'extérieur, le besoin d'un écran. La vitre essuie la rue, éponge l'incivile, sa présence importune

La haie, l'arbre aux écureuils, la lampe et le carré de cour ont basculé dans un éclat

Chacun reprend sa place s’installe dans l’immuable, chacun recommence à réfléchir, à creuser le silence, à noiseter son nid.

… décompter les minutes

Lentement la pluie sur le toit retourne un sablier

Hibou ou Ubu ?
Gravure d'Alfred Jarry (1894)

Paru dans
Les minutes de sable mémorial 
-
Chapitre : Les paralipomènes
*
Alfred Jarry
le texte complet...

Oiseaux


 
Wilfredo Lam (1960)

L'oiseau, 
de tous nos consanguins 
le plus ardent à vivre...
*
Saint-John Perse


L’oiseau, de tous nos consanguins le plus ardent à vivre, mène aux confins du jour un singulier destin. Migrateur, et hanté d’inflation solaire, il voyage de nuit, les jours étant trop courts pour son activité. Par temps de lune grise couleur du gui des Gaules, il peuple de son spectre la prophétie des nuits. Et son cri dans la nuit est cri de l’aube elle-même : cri de guerre sainte à l’arme blanche.




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à M.C.



Entre les ronceraies du coteau
Et les cils de la rivière
Ce pommier d’une écorce rude
Où s’attache un gui
Voilà notre vie pleine et nos joies
Ces fruits blancs appendus
Pour une année qui s’achève
Voilà sur le seuil des récoltes
Notre longue patience
Et lié ce vœu
Sous le linteau de la porte